La Dame de Shanghai

de Orson Welles

avec Rita Hayworth, Orson Welles, Everett Sloane

USA - 1947 - 1H27 - VOSTF

En version restaurée !

A Cuba, Michael, marin irlandais en quête d'un emploi, sauve d'une agression une jeune femme, Elsa. Le mari d'Elsa, avocat célèbre, offre à Michael d'embarquer sur son yacht pour une croisière vers San Francisco. Elsa et Michael tombent amoureux et Grisby, l'associé de Bannister, s’aperçoit de cet amour. Il veut disparaître et propose à Michael 5000 dollars pour signer un papier dans lequel il confesse l'avoir tué.

« Sous l’apparence d’un polar doublé de drame sentimental, l’œuvre semble un songe onirique, éclairé par la belle photographie de Charles Lawton Jr. et Rudolph Maté, et prétexte à des expérimentations techniques et esthétiques. On a surtout en mémoire la scène finale se déroulant dans une salle de théâtre de Chinatown, à San Francisco. Une fusillade s’y déroule, ce qui occasionne des plans où s’effondrent à plusieurs reprises des images de personnages avec bris de glace, jusqu’à la mort réelle de certains des protagonistes. Cette virtuosité plastique était déjà en filigrane dans des séquences antérieures d’un baroque assumé, à l’instar de celle du baiser dans un musée océanographique ou du plongeon d’Elsa dans la mer des Antilles. Le mystère qui entoure les séquences hispaniques anticipent l’univers de La soif du mal, que Welles tournera douze ans plus tard. Le réalisateur semble aussi s’amuser avec les métaphores, Bannister et sa bande pouvant symboliser l’arrogance et la cupidité des producteurs de Hollywood. La dame de Shanghai est enfin un film emblématique du cinéma de la démystification puisque Welles a remodelé l’héroïne de Gilda. D’une rousse pulpeuse il fit une blonde vénéneuse et distante, loin de l’image explicitement sensuelle de l’actrice qui faisait fantasmer les G.I. pendant la Seconde Guerre mondiale. Hayworth n’en trouva pas moins un rôle essentiel dans sa filmographie et offrit sans doute sa meilleure composition dramatique. La suite de sa carrière sera pourtant marquée par un déclin inexorable, sa trajectoire étant similaire à celle de Martine Carol après Lola Montès. » àVoir-àLire

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