Pâques sanglantes
avec Raf Vallone, Lucia Bosè, Folco Lulli
Italie - 1952 - 1H43 - VOSTF
Un soldat démobilisé de retour chez lui apprend qu’il a été dépouillé de ses moutons par un riche paysan, qui tente, de surcroît, de séduire sa fiancée. Le jeune homme prend le maquis et décide de punir le responsable de ses malheurs.
« Pâques sanglantes est mon film le plus recherché sur le plan formel. Cette obligation que j’ai faite aux acteurs de toujours regarder droit devant eux, face au ciel, correspond à la mentalité du pays. Les paysans des Abruzzes sont ainsi : ils ne regardent jamais dans les yeux. Ce sont des acteurs-nés, et leur fierté est de s’adresser toujours au soleil, à la nature. »
Giuseppe De Santis a cinq ans quand Mussolini prend le pouvoir en Italie. Assistant réalisateur et coscénariste sur Les Amants diaboliques et La Proie du désir, critique pour la revue Cinema, il grandit avec les pères du néoréalisme.
Pâques sanglantes dénonce l’enrichissement des propriétaires terriens aux dépens des bergers misérables. De retour de la guerre, Francesco découvre que le vil Bonfiglio s’est emparé des troupeaux de sa famille et se retrouve seul pour l’affronter, alors que sa fiancée l’a trahi sous la contrainte, pour éponger des dettes.
De Santis montre des êtres broyés par la dépendance économique et l’esclavage intellectuel. Il met en majesté à la fois les femmes, se dressant, comme dans Riz amer, unies et solidaires face aux potentats, et les visages austères et beaux des bergers de Fondi. À ceux qui lui reprochent son lyrisme mélodramatique, il oppose la nécessité de créer un cinéma populaire, de s’adresser au grand public. Il prône un cinéma vrai où convergent documentaire et roman individuel, tourné loin des studios, dans les paysages âpres et sublimes de Ciociarie, sa terre natale.
Tania Capron, La Cinémathèque
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vendredi 19 juin
- 20:20
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mardi 23 juin
- 14:00
