La Frappe

de Julien Gaspar-Oliveri

avec Diego Murgia, Bastien Bouillon, Romane Fringeli

France - 2026 - 1H45 - VF

Enzo, 19 ans et sa soeur Carla, 20 ans, sont livrés à eux-mêmes depuis plusieurs années. Quand leur père, Anthony est libéré de prison, Enzo voit la promesse fragile d’une famille à reconstruire contrairement à Carla pour qui l’idée reste inconcevable. Rattrapé par son passé, Enzo doit se confronter à une vérité qu’il a trop longtemps gardée pour lui.

« La Frappe, passé par les séances spéciales de la Semaine de la critique cannoise, est un film où la violence se fait feutrée, étouffée par l’incapacité à exprimer l’emprise et le poids d’un passé aux impacts invisibles. Amenant forcément à réfléchir sur ce qui fait famille et ce qui détruit une famille, le scénario de Julien Gaspar-Oliveri, autobiographique et donc d’un impressionnant courage, nous immerge auprès d’Enzo, jeune adulte taraudé par la restauration d’un supposé lien de complicité avec la figure paternelle. Les raisons du séjour du père en prison (5 ans) seront vite dévoilées, alors qu’Enzo lui propose de travailler avec lui sur les marchés. Mais les raisons de la rupture, consommée pour la grande sœur (formidable Romane Fringeli, ici une découverte), iront bien au-delà de la question de l’absence, le personnage interprété avec trouble par Bastien Bouillon (« La Nuit du 12 », « A Pied d’oeuvre ») semblant cacher derrière son air détaché, une violence sourde. Créant le malaise par plusieurs scènes et suggérant ainsi ce qui ne peut être dit (la scène au tribunal est en soi un aveu d’incapacité à verbaliser), Gaspar-Oliveri lève un coin de voile sur les violences intra-familiales, affirmant l’invisible de l’extérieur comme meurtrier. On ressort du métrage d’autant plus troublé que certaines scènes resteront longtemps en mémoire, l’acteur principal, Diego Murgia (« Sans Pitié », « Dalva« ), transpirant la détresse, et le film avançant progressivement par impacts, alors que l’on comprend l’ampleur de l’emprise et des dégâts. Un impactant récit, où les non-dits deviennent évidences, au sens de preuves comme d’éclairage d’un drame face auquel beaucoup sont aveugles ou témoins complices. » Abus de ciné

  • mercredi 02 septembre
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  • Tarif réduit : 4.50€