Toutes les vies de Kojin
France - 2020 - 1H28 - VOSTF
En partenariat avec l'association Amitiés Kurdes de Vendée
Dimanche 8 novembre à 18h00. Tarif réduit : 6,50€
Dans un documentaire à la première personne, Diako Yazdani, réfugié politique en France, retourne voir sa famille au Kurdistan irakien et leur présente Kojin un jeune homosexuel de 23 ans qui cherche à exister au sein d’une société où il semble ne pas pouvoir trouver sa place. Avec humour et poésie, le réalisateur livre un portrait émouvant où les rencontres des uns et des autres invitent à une réflexion universelle sur la différence.
« Le cinéaste Diako Yazdani, Kurde iranien, est réfugié politique en France depuis 2011. Mais n’attendez pas de lui qu’il joue au martyr, au représentant plaintif de tous les malheurs kurdes. Lorsqu’il retourne voir les siens, au Kurdistan irakien, parce que le territoire iranien lui est interdit, c’est au contraire pour mettre le doigt là où ça fait mal. Toutes les vies de Kojin se penche sur la violente et archaïque homophobie dont les jeunes Kurdes héritent par tradition clanique et religieuse.
Yazdani ne cache pas qu’il fut lui-même homophobe jusqu’à ses 18 ans, avant qu’un film (Harvey Milk de Gus Van Sant) et surtout la souffrance d’un ami lui fassent prendre conscience que l’homosexuel n’était pas cette figure perverse, prédatrice et démoniaque qu’on lui avait enseignée. A ceux qui lui signifieraient que la défense d’une minorité est bien peu face à la lutte d’un peuple, il rétorque qu’être opprimé n’autorise aucunement à être oppresseur, et que la liberté politique n’a de sens que si elle s’accompagne de la liberté des corps.
En se maintenant dans une inflexible impertinence qui ne manque souvent pas d’humour, Yazdani ne se perd pas dans de grands discours. Pour révéler l’étroitesse d’une société, il s’attache à un seul individu, exemplaire parce que souverainement singulier : Kojin, jeune homme aussi doux que droit dans ses bottines. Parmi tous ceux qu’a rencontrés le cinéaste, il est le seul homosexuel kurde à avoir eu le courage d’être filmé. Il faut dire que les menaces qui pèsent sur eux sont terribles : tabassages, viols, exécutions. Ne se contentant pas de composer un portrait, le cinéaste accompagne et protège amicalement Kojin, il partage les risques qu’il prend à chaque coming out ou excès de maquillage, il l’aide à s’assumer, à s’épanouir. Le film devient ainsi le lieu, fragile et éphémère, où il peut enfin s’essayer à la liberté. » Libération
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dimanche 08 novembre
- 18:00
