Blancanieves
avec Maribel Verdú, Ángelina Molina, Macarena García...
Espagne - 2013 - 1H44 - Muet avec cartons en VF
Dans les années 1920 à Séville, Antonio Villaalta, un célèbre torero, est grièvement blessé par un taureau lors d’une corrida. Au même moment, son épouse meurt en donnant naissance à leur fille Carmen. Attirée par la fortune d’Antonio, resté paralysé, Encarna, son infirmière, l’épouse. La petite fille passe les premières années de sa vie auprès de sa grand-mère, Doña Concha, mais celle-ci décède subitement laissant ainsi Carmen aux mains d’Encarna.
A l’image de son titre, Blancanieves propose un jeu constant aux spectateur.ices : identifier les éléments constitutifs de ses deux composantes majeures et ce, en transposant de manière habile et poétique le conte Blanche Neige dans l’Andalousie des années 1920. Comme dans le conte des Frères Grimm, cités dès le générique, les personnages sont archétypaux et on se plaît à détester
les méchants tant ils sont grotesques et cruels. Les motifs caractéristiques du conte surgissent subtilement au fur et à mesure : la marâtre sous les traits d’une infirmière cupide, le miroir remplacé par les tabloïds, les nains présentés comme des saltimbanques semblant sortir tout droit de la troupe du film Freaks. Du cadre temporel choisi par Pablo Berger, le film emprunte son aspect formel. Traité comme un film de cette époque, il est dans un format carré très esthétique, en noir et blanc, avec des cartons de film muet et une musique très expressive. L’Andalousie qui y est présentée flirte parfois avec les clichés : flamenco et tauromachie y jouent ainsi un rôle central. Mais ce contexte permet de décupler la puissance dramatique du conte autour de l’amour, de la mort et du poids du destin. Caroline Schuhmann-Lepley, enseignante en UPE2A, collège Édouard-Herriot de La Roche-sur-Yon
