Soumsoum, la nuit des astres

de Mahamat-Saleh Haroun

avec Maïmouna Miawama, Ériq Ebouaney, Achouackh Abakar Souleymane

Tchad - 2026 - 1H41 - VOSTF

  • rencontre
  • Séance spéciale
Avant première en présence du réalisateur Mahamat-Saleh Haroun ! Vendredi 17 avril à 20h30. Tarif réduit : 6,50€

Dans un village isolé du Tchad, Kellou est traversée par des visions qu’elle ne comprend pas. Grâce à sa rencontre avec Aya, une exilée aux secrets douloureux, elle va découvrir une autre façon de regarder son passé, ses rêves et son village. Mais en prenant la défense d’Aya, que le chef du village tente de chasser, elle se heurte à la peur et à la colère des habitants, et devra se battre pour ne pas renoncer à sa liberté.

« Il y avait un monde libre avant eux. Je l’ai longtemps porté. À toi de le porter maintenant. » Au fil de sa carrière en fiction (de Daratt à Lingui, en passant par Un homme qui crie et Grigris), le cinéaste franco-tchadien Mahamat-Saleh Haroun a toujours amené à la surface de la cinématographie mondiale une Afrique résistant aux clichés et véhiculant la complexité souvent conflictuelle entre racines ancestrales et modernité des nouvelles superstitions. Un cheminement persévérant que le réalisateur a orienté vers une forme d’épure et de limpidité dont son nouveau film, Soumsoum, la nuit des astres, dévoilé en compétition à la 76e Berlinale, fait une remarquable démonstration. C’est au cœur des mythes et des légendes (avec un clin d’œil explicite au roman Étonner les dieux de Ben Okri), dans le sillage d’une adolescente d’aujourd’hui et dans un Tchad désertique secoué par les inondations du dérèglement climatique, que s’installe en effet le film pour un parcours initiatique, une quête individuelle d’identité stimulée par de perturbantes visions prophétiques, une impérieuse nécessité de tourner le dos aux croyances et aux peurs collectives se cristalisant dans la chasse aux boucs émissaires. Une trajectoire qui s’inscrit dans un décor si spectaculairement intense (le plateau de l’Ennedi, une succession de massifs dans le Sahara, au Nord-Est du Tchad, avec ses canyons, ses falaises, ses arches naturelles, ses grottes et ses petites pièces d’eau cachées) qu’il renvoie naturellement à un temps plus proche de l’éternité que de l’agitation humaine. Âmes errantes, rocher de l’Aigle, grotte des Dames Sentinelles, enfants de la lune, fête des masques, étoiles transmettant la voix de des ombres : Mahamat-Saleh Haroun convoque toute une cosmogonie du merveilleux et des contes qu’il tisse avec légèreté dans la couverture de cérémonie d’un réalisme de figures symboliques (qui en disent beaucoup plus long qu’elles n’y paraissent sur le Tchad contemporain, la place des femmes, le syncrétisme, la xénophobie, etc.). Une simplicité extrême brodée dans une mise en scène splendide, filmant les visages comme des paysages et les extraordinaires paysages (qui rappellent Monument Valley pour John Ford) comme des personnages. Et un long métrage très maîtrisé de passeur d’éternité à destination d’une fraternité cinématographique occulte, dont le style narratif très inhabituel en déconcertera peut-être plus d’un, même si « il y avait un monde avant eux, un monde qu’ils méprisent car ils ignorent sa richesse, ce monde qui dit quelque chose de nous et de notre passé. » Cineuropa

  • vendredi 17 avril
    • 20:30
  • Séance spéciale : 6.50€ !