Takara, la nuit où j’ai nagé
France, Japon - 2018 - 1H18 - Sans dialogues
En plein milieu de l’hiver et de la nuit, Takara Kogawa, un petit garçon de six ans, entend son père poissonnier partir travailler au marché. Ne parvenant pas à se rendormir, il dessine un poisson. Le lendemain matin, alors qu’il prend le chemin de l’école, il se met finalement en quête de son père pour lui donner son dessin. Il se perd et se retrouve, tourne et se retourne, rêve et vagabonde. Il est totalement libre, donc totalement seul.
Comme tous les films de Manivel, c’est une « miniature », au propre comme au figuré. Miniature d’abord, parce que le film s’attache à un petit garçon de 6 ans, Takara Kogawa, le seul héros, et que la caméra s’ajuste à sa taille et endosse le regard qu’il pose sur le monde. Ensuite, parce que l’aventure décrite n’est autre qu’une odyssée de poche, faite de petits riens et de micro-événements qui, rapportés aux dimensions de l’enfant, prennent des proportions épiques. Enfin, parce que le film, assez court, s’engouffre dans une temporalité à la fois ramassée et suspendue, faisant du
renversement d’échelle son propre sujet : l’infime, le dérisoire, le « petit », contiennent des trésors de sensations, de péripéties, pour peu qu’on veuille bien s’y pencher.
Mathieu Macheret, Le Monde
